Chemistry Labs
Université · 20 min

Identifier un inconnu à partir de son spectre IR

Cinq spectres sans étiquette de solvants courants : repérez les bandes diagnostiques, déduisez le groupe fonctionnel et nommez le composé.

Objectif

Attribuez les bandes vers 3300 (O–H), ~3000 (C–H), 1650–1750 (C=O), 1050–1250 (C–O) et sous 900 (empreinte/déformations) pour identifier chaque échantillon.

Matériel et réactifs

Spectromètre FTIR avec accessoire ATR, flacons compte-gouttes d’éthanol, acétone, acétate d’éthyle, acide acétique et toluène.

Procédure

  1. L’échantillon A présente une bande très large vers 3340 cm⁻¹ et une forte vers 1050 cm⁻¹, sans carbonyle — déduisez le groupe.
  2. B et C montrent tous deux un C=O : comparez la position (≈1715 contre ≈1740 cm⁻¹) et cherchez les bandes C–O fortes.
  3. L’échantillon D associe un énorme O–H très large (3300–2400 cm⁻¹) et un C=O vers 1710 cm⁻¹ — signature du dimère d’acide carboxylique.
  4. E montre des C–H juste au-dessus de 3000 cm⁻¹, des bandes de cycle à 1605/1495 cm⁻¹ et de fortes déformations à 728/694 cm⁻¹ — un aromatique.

À observer

  • Un O–H large sans C=O = alcool ; O–H + C=O = acide carboxylique ; C=O + fortes bandes C–O = ester.
  • La fréquence du carbonyle reflète l’environnement : cétone ≈1715, acide carboxylique ≈1710, ester ≈1740 cm⁻¹ ici.

Explication

La fréquence de vibration suit la loi de Hooke : ν̃ ∝ √(k/μ) — liaisons fortes et atomes légers donnent de grands nombres d’onde. Réponses : A = éthanol (O–H large, C–O 1050), B = acétone (C=O 1715, pas d’O–H), C = acétate d’éthyle (C=O 1742, C–O forts 1240/1048), D = acide acétique (O–H très large + C=O 1712), E = toluène (C–H aromatique >3000, modes de cycle, déformations 728/694).

Histoire de l’expérience

En 1859–60, Bunsen et Kirchhoff montrèrent que chaque élément écrit son propre code-barres de raies spectrales, lisant césium et rubidium dans l’eau minérale en quelques mois. Ramsay utilisa la même astuce pour compléter la famille des gaz rares — argon, néon, krypton, xénon — entre 1894 et 1898. Les spectres IR et RMN modernes, comme ceux comparés dans ce labo, appliquent la même idée à l’échelle moléculaire : vibrations et environnements nucléaires laissent des empreintes tout aussi uniques.

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Sujets liés

Expérience virtuelle : un modèle simplifié pour construire l’intuition. Elle ne remplace ni le travail réel en laboratoire ni la formation à la sécurité ; ne la reproduisez pas chez vous sans encadrement.