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Lycée · 15 min

Le test à l’iode : amidon, glycogène et digestion enzymatique

Utilisez l’iode pour distinguer les polysaccharides des sucres simples, puis suivez la couleur bleu-noir pendant la digestion par l’amylase.

Objectif

Relier la couleur iode à la longueur des hélices et suivre la dégradation enzymatique grâce à l’échelle de couleurs (bleu-noir → rouge-violet → brun).

Matériel et réactifs

Solutions d’amidon, glycogène et glucose, iodure de Lugol (I₂/KI), α-amylase ou salive, vitamine C, tubes et bain-marie tiède.

Procédure

  1. Choisissez l’échantillon d’amidon : l’iode le colore aussitôt en bleu-noir intense.
  2. Rejouez chauffage puis refroidissement : la couleur disparaît vers 80 °C et revient — l’hélice se déroule de façon réversible.
  3. Comparez glycogène et glucose à dose d’iode égale : rouge-violet contre jaune-brun inchangé.
  4. Réalisez une digestion courte puis longue à l’amylase, puis ajoutez de la vitamine C sur un échantillon bleu.

À observer

  • Bleu-noir = longues hélices d’amylose ; rouge-violet = segments courts ramifiés ; jaune-brun = iode sans hélice autour.
  • La digestion fait passer la couleur par le rouge-violet avant le brun propre à l’iode ; la vitamine C décolore même sans digestion.

Explication

L’amylose forme des hélices α-1,4 (~6 unités glucose par tour) qui accueillent des chaînes linéaires de polyiodures I₃⁻/I₅⁻ ; le complexe de transfert de charge absorbe vers 600 nm, d’où le bleu-noir. Amylopectine et glycogène ne retiennent que de courts segments (rouge-violet). L’amylase coupe les liaisons α-1,4 internes → dextrines courtes → maltose/glucose ; l’acide ascorbique décolore en réduisant I₂ en I⁻ (I₂ + C₆H₈O₆ → 2 I⁻ + C₆H₆O₆ + 2 H⁺).

Histoire de l’expérience

La couleur bleu-noir fut remarquée presque dès la découverte de l’iode : Gay-Lussac, qui nomma l’élément en 1813, décrivit la réaction avec l’amidon en 1814, et elle devint un test standard en une décennie. Pendant un siècle, elle servit surtout à déceler l’iode libre, jusqu’à ce que Bodo puis Kashima montrent que la couleur vient de chaînes IX3X−\ce{I3-}–IX5X−\ce{I5-} piégées dans l’hélice d’amylose de l’amidon. La même colorimétrie fonde encore les titrages iodométriques actuels.

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Expérience virtuelle : un modèle simplifié pour construire l’intuition. Elle ne remplace ni le travail réel en laboratoire ni la formation à la sécurité ; ne la reproduisez pas chez vous sans encadrement.