Chimie théorique et computationnelle
Équation de Schrödinger et approximation de Born–Oppenheimer
Comment l’équation quantique décrit les électrons et les noyaux d’une molécule, et pourquoi séparer leurs mouvements rend calculable sa structure.
IntuitionUne image quantique de la molécule
Une molécule n’est pas un minuscule système solaire : les électrons sont décrits par une fonction d’onde qui prédit probabilités et énergies. Bien plus lourds, les noyaux se déplacent généralement plus lentement.
Cette séparation des échelles de temps motive l’approximation de Born–Oppenheimer : on résout d’abord le problème électronique à noyaux fixes, puis on fait évoluer les noyaux sur la surface d’énergie obtenue.
ScolaireDes atomes à l’équation
Définition: Fonction d’onde et probabilité
Pour un état normalisé, |Ψ|² est la densité de probabilité d’une mesure des positions des particules. La fonction d’onde encode aussi l’énergie et les autres observables de l’état.
L’équation de Schrödinger indépendante du temps est un problème aux valeurs propres : l’hamiltonien Ĥ contient les énergies cinétique et potentielle, et les états stationnaires admissibles ont des énergies E.
Exemple: Particule dans une boîte unidimensionnelle
Un électron est confiné dans une boîte unidimensionnelle de longueur L à parois infinies. Comment ses énergies permises changent-elles si L est divisé par deux ?
Solution
Dans une boîte, Eₙ ∝ n²/L². À nombre quantique n fixé, diviser L par deux multiplie chaque énergie par quatre.
UniversitaireL’hamiltonien moléculaire
Les termes représentent les énergies cinétiques électronique et nucléaire, l’attraction électron–noyau, et les répulsions électron–électron et noyau–noyau. Le couplage des coordonnées rend l’équation exacte à plusieurs particules difficile, sauf pour les systèmes les plus simples.
Définition: Problème électronique de Born–Oppenheimer
À géométrie nucléaire R fixée, on résout Ĥₑ(R)ψₑ(r;R)=Eₑ(R)ψₑ(r;R). La valeur propre électronique, augmentée de la répulsion nucléaire, définit la surface d’énergie potentielle sur laquelle les noyaux évoluent.
| Grandeur | Rôle |
|---|---|
| État électronique | Réponse rapide à la géométrie nucléaire |
| Mouvement nucléaire | Mouvement plus lent sur une surface d’énergie |
AvancéLimites et théorie approfondie
L’approximation néglige les couplages dérivatifs entre états électroniques. Elle peut échouer près des intersections coniques, des croisements évités ou lorsque mouvements électronique et nucléaire sont fortement couplés ; la dynamique non adiabatique traite alors les deux de façon couplée.
Références
- Zur Quantentheorie der Molekeln · M. Born, J. R. Oppenheimer, 1927
- Molecular Quantum Mechanics · P. W. Atkins, R. S. Friedman, 2011