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Chimie inorganique

Composés métal–carbone

Les composés organométalliques mettent un métal en contact direct avec le carbone. Leurs liaisons vont de M–C σ très polaires aux interactions multicentriques : η² alcène, η⁵ cyclopentadiényle et carbonyl métallique.

IntuitionIntuition : le carbone peut donner, accepter ou délocaliser des électrons sur le métal

La liaison métal–carbone n’est pas d’un seul type. Les organolithiens se comportent comme des carbanions polarisés ; les carbonyls reçoivent une rétrodonation π ; les sandwichs répartissent la liaison sur plusieurs contacts M–C.

Faire tourner le ferrocène et comparer les deux cycles C₅H₅ parallèles. Dans cette vue éclipsée, le fer est équidistant des dix carbones.

ScolaireNiveau scolaire : familles principales

Définition: Composé organométallique

Un composé est organométallique s’il comporte une liaison métal–carbone. Le carbone peut appartenir à un alkyle, aryle, carbonyle, carbène, alcène ou ligand aromatique ; le métal peut être principal, transition, lanthanide ou actinide.

Classes de ligands
ClasseMode de donationExemple
σ alkyle/aryleLiaison donneuse 2 e⁻CH₃Li, PhMgBr
Carbonyle CODonneur σ + accepteur πNi(CO)₄
η⁵ cyclopentadiényleDonneur délocalisé 6 e⁻Fe(η⁵-C₅H₅)₂

Exemple: Distinguer la polarité des liaisons M–C

Laquelle est plus polarisée vers le carbone : C–Li ou C–Fe dans un complexe organométallique typique ?

Solution

C–Li : le lithium est bien plus électropositif. Le carbone porte un fort caractère carbanionique ; les organolithiens sont basiques et nucléophiles.

UniversitaireUniversité : liaison et décompte électronique

La règle des 18 électrons vise 9 orbitales de valence (5nd + (n+1)s + 3(n+1)p). Le comptage ionique assigne d’abord les charges ; le comptage neutre traite les radicaux comme donneurs 1e⁻. Les deux donnent le même total.

metal valence electrons+∑ligand donations+charge correction\text{metal valence electrons}+\sum\text{ligand donations}+\text{charge correction}

Exemple: Compter les électrons du ferrocène

Compter Fe(η⁵-C₅H₅)₂ par la méthode ionique.

Solution

Chaque Cp⁻ donne 6 électrons π, soit 12 pour deux ; Fe²⁺ est d⁶, total 18. Ce décompte élevé explique la stabilité du ferrocène.

Les carbonyls montrent une liaison synergique : CO donne une orbitale σ, le métal rétrodonne vers π*(CO). Une forte rétrodonation abaisse ν(C–O) en IR.

La notation η compte les carbones contigus liés au métal, non les électrons totaux : η² éthylène (2 C), η⁵ Cp (5 C), η¹ alkyle (1 C). L’hapticité peut varier par glissement ou réarrangement.

AvancéStructure et réactivité organométalliques

La liaison M–C sous-tend addition oxydante, élimination réductrice, insertion et élimination β-H. La stabilité dépend aussi de stérique, décompte, site vacant et cinétique, pas seulement de l’enthalpie.

Le modèle varie selon les régions : organométalliques alcalins polaires et agrégés ; métaux tardifs souvent 16/18 e⁻ ; métaux précoces ou f fortement oxophiles et réactifs.

Références

  • The Organometallic Chemistry of the Transition Metals · R. H. Crabtree, 2014
  • Organometallics · C. Elschenbroich, 2006